Vaisseau d’Arcane, Tome 1 – Les Hurleuses, d’Adrien Tomas : Trop de rouages pour une seule machine

Titre : Vaisseau d’Arcane, Tome 1 : Les Hurleuses

Auteur : Adrien Tomas

Genre : steamfantasy

Public cible principal : Adulte

Au menu de ce roman choral : une jeune femme prenant la fuite pour sauver son frère, touché par un éclair de magie qui l’a transformé en poupée humaine (et en source de puissance potentielle), un assassin aux motivations obscures et un diplomate issu des abysses, vivant dans son aquarium personnel, le tout sur fond de politique (intérieure comme extérieure) et de complots.

Des Engrenages au Vaisseau

J’étais ressortie mitigée d’Engrenages et Sortilèges, un des romans précédents de l’auteur. L’impression d’un livre allant un peu trop vite, un peu trop simple, peut-être un peu trop jeunesse pour moi. Mais j’y avais également trouvé suffisamment d’éléments intéressant pour me donner envie de découvrir d’autres textes de l’auteur, de préférence plus orienté vers un lectorat adulte. Alors, que j’ai vu passer Vaisseau d’Arcane et les nombreuses critiques positives l’accompagnant, je me suis dit que je tenais là un bon candidat pour ma deuxième rencontre avec Adrien Tomas.

A ma grande déception, cette rencontre n’a pas été à la hauteur de mes attentes.

Visiblement, l’auteur a des sujets de prédilection. Beaucoup de parallèles peuvent être faits entre Les Hurleuses et Engrenages et Sortilèges : un monde à la fois magique et technologique, des élites corrompues et une société traversée par une soif de révolte, des personnages ayant un certain statut et qui trahissent leur groupe social au profit de ce qu’ils espèrent être le bien commun.

Des thèmes forts et importants, des enjeux politiques intégrés à un scénario débordant d’action, voilà de quoi faire une bonne histoire. Malheureusement, la manière dont ce texte est écrit a entaché mon plaisir de lecture.

Laissez-moi me perdre !

Le texte est trop explicatif à mon goût. Tout au long de ma lecture, j’ai eu l’impression d’être tenu par la main, alors que je me sentais capable d’avancer seule dans cet univers (du coup, en réaction, voire en réactance, je me suis lancée dans Anatèm de Neal Stephenson…). De nombreux passages m’ont semblé redondants (du type un évènement a lieu, puis les perso le commentent) et sur-explicatifs, me privant du plaisir de construire des liens et des ponts entre les différents morceaux de monde fournis par l’histoire.

Ça me donne l’impression que l’auteur ne se fait pas confiance, qu’il craint que le lecteur ne se retrouve perdu dans son univers. Ou qu’il ne fais pas confiance à son lecteur pour s’y repérer. C’est dommage. D’autant plus que cet univers magique me semble maîtrisé, dense et intéressant ! (Même si j’ai une petite crainte sur le traitement du thème « nature vs science »)

La chorale cachant la montagne

Le roman met en scène de nombreux personnages, et pas mal d’entre eux ont le droit a leurs propres chapitres. Même si on se rend compte à la fin qu’on suit plutôt les marionnettes que les marionnettistes et que ce qui est mis en lumière n’est rien face à ce qui est dans les ombres (en peu comme dans le Trône de Fer. Et c’est quelque chose qui m’énerve). Parmi ces personnages, trois figures se détachent : Gabba Do, poisson diplomate, Sof, infirmière en fuite, et Nym, assassin d’État renégat.

Nym est emblématique pour moi du problème. Beaucoup de chapitres lui sont consacrés (logique, c’est un des personnages principaux), mais on se contente de suivre ses actions sans jamais en connaître les causes ou les objectifs. On ne sait rien de son passé ou de ses motivations. Tout ça pour créer un effet de surprise lors du twist final.

Je l’ai déjà dit dans d’autres critiques, ça relève pour moi de la création d’un faux suspens, une ficelle d’écriture que je trouve artificielle (et particulièrement visible ici, puisque tout le reste est excessivement détaillé). Franchement, je pense qu’on peut enlever tout les chapitres de Nym sans que ça change grand chose. Ça ne lui ferait même pas perdre son côté « dangereux et mystérieux »…

Le mot de la fin

Bon. Je dois avoir l’air très énervé. Sans doute parce que j’avais vraiment envie d’apprécier ce livre. Et au lieu de ça, ma lecture a été laborieuse et je ne suis jamais rentrée complètement dans l’histoire. De mon point de vue, ce roman aurait grandement gagné a être épuré. Mais je ne suis ni éditrice, ni bêta-lectrice et livre est déjà publié, alors…

Après deux essais, je peux dire aujourd’hui que l’écriture d’Adrien Tomas ne me convient pas. Mais demain, qui sait.

Maintenant, si vous avez adoré Engrenages et Sortilèges, n’hésitez pas vous lancer dans cette nouvelle saga : vous devriez y trouver votre bonheur !

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