Ce rêve bleu, de Liz Braswell : une réécriture sombre d’un conte de notre enfance

Fiche

Titre : Ce rêve bleu : Et si Aladdin n’avait jamais trouvé la lampe ?

Auteur : Liz Braswell

Genre : Fantasy

Public cible principal : ado/jeune adulte

 » Ô nuits d’Arabie… »

Tu vois le Aladdin par la compagnie Disney ? Bien. Maintenant, tu prends les mêmes personnages, les mêmes lieux, et tu changes un tout petit détail de l’histoire : Jafar récupère la lampe et son magique résident bleu dès le début de l’histoire. Voilà la promesse narrative de ce roman.

 » Quel effroi quand je lève le petit doigt ! « 

Dès le départ, j’ai senti que l’ambiance du roman différait de celle du film. Un peu plus réaliste, pourrais-je dire, notamment dans son traitement de la pauvreté. D’emblée, on sait qu’on est pas là pour rigoler. Le ton est lourd et ne va pas s’alléger, bien au contraire. Jafar détient le pouvoir et il compte bien le garder. La mort rôde et n’hésite pas à effleurer voire frapper les personnages. L’autrice se permet même un clin d’œil à Cthulhu…

Cette noirceur est très intéressante. Voir peu à peu s’installer la dictature de Jafar est de loin ce que j’ai le plus apprécié dans le roman.

« Je vole quand j’ai faim, c’est bien normal…
C’est pas moral ? « 

Concernant le côté « roman social », le récit est constamment le cul entre deux chaises, oscillant entre dénonciation des injustices et glorification de l’American Dream. Rarement je n’ai vu aussi clairement le mythe américain du self made man à la fois valoriser et critiquer (surtout dans un ouvrage jeunesse). Un incessant paradoxe !

Parce que oui, le héros est pauvre. Ses conditions de vie sont atroces, en raison notamment d’une gestion catastrophique de la ville par le Sultan qui a abandonné toute une partie de sa population. Du coup, il est légitime qu’il vole. Mais juste pour se nourrir, faut pas déconner non plus. Les amis d’Aladdin qui vole pour se nourrir et avoir une vie un peu plus confortable qu’un quotidien de misère dans un taudis sont clairement décrits comme ayant dévié du mauvais côté de la rapine (même si, plus loin dans le récit, on découvre que ce ne sont pas des mauvais bougres).

On se retrouve donc avec d’un côté une critique des structure économiques et étatiques qui engendrent pauvreté et autres joyeusetés, façon lutte des classes, et de l’autre on a droit à un discours méritocratique et individualiste sur le fait que chaque personne est responsable de ce qu’elle fait de sa vie et est totalement libre de ses choix. Le récit oscille sans cesse entre ces deux discours. Le cul entre deux chaises, j’te dis !

(Quant aux assertions féministes, je les ai malheureusement trop souvent trouvées forcées et à côté de la plaque, me sortant du coup de l’histoire. L’idée était bonne, mais la réalisation…)

 » Prince Ali, oui c’est bien lui « 

Au niveau de l’écriture, il n’y a pas grand chose de notable : c’est lisse ; pas gênant mais sans intérêt. Régulièrement, des dialogues issus du film sont repris tels quels (en respectant la VF du film). J’avais peur que cela me sorte du récit. Mais finalement, ces petits shoots de nostalgie n’ont pas été si désagréables. Ils étaient le plus souvent bien inclus dans le récit, avec parfois un contexte qui en revisitait le sens initial.

 » Car l’amour
Et l’espoir brûlent en moi « 

Au final, je n’attendais rien de ce roman. Et j’ai passé un moment plutôt sympathique. Une version ado un peu dark d’un film de mon enfance, avec un style plat et des réflexions sur la société bancales, mais un scénario et une ambiance agréables.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Propulsé par WordPress.com.

Retour en haut ↑

%d blogueurs aiment cette page :