[Motus] Les incontournables (récents) en SFFF

Cet été (oui, je suis en retard), Vert, du blog Nevertwhere, a lancé un défi aux autres blogueurs : lister 5 à 10 textes récents (parus entre 2000 et 2020) qu’ils considèrent comme des incontournables des littératures de l’imaginaire.

Bon, 10 œuvres, ça fait finalement très peu. Certains textes que j’adore ne seront pas dans cette liste, malgré toutes leurs qualités (par exemple La Vieille Anglaise et le continent de Jeanne-A Debats ou La Horde du Contrevent d’Alain Damasio). Et certainement, dans le futur, je lirais de nouveaux textes qui bousculeront mon classement actuel (je viens de finir Le problème à trois corps de Liu Cixin, et il a le potentiel pour intégrer cette liste).

Donc voilà ma liste, subjective, sans classement, représentant mes goûts et recommandation à un instant T, incluant des romans que je peux facilement relire, que j’aime conseiller et/ou qui ont marqué mon parcours de lectrice.

Morwenna, de Jo Walton (2011)

Morwenna. Un nom qui me donne des frissons.

Ma première rencontre avec l’écriture de Jo Walton m’a complètement scotchée. Une de ses lectures qui me happent, dont je ne resors que vaguement pour me nourrir et dormir, agissant dans l’urgence de revenir à ma lecture.

Beaucoup ont mis dans leur liste d’incontournables le roman Mes vrais Enfants, de la même autrice (en vrac, quelques blogueurs ayant fait ce choix : La Geekosophe, Apophis et son culte, Xapur et Vert). Ce que je peux comprendre. Walton a vraiment une plume de l’émotion intense et du bouleversement discret. Mais Morwenna

Morwenna, c’est le journal intime d’une adolescente galloise des années 70 qui va se retrouver catapulter dans un internat anglais suite à un évènement l’ayant rendu infirme et ayant causé la mort de sa sœur jumelle. Elle va découvrir sa famille paternelle, nouer de nouvelles amitiés, apprendre à vivre avec sa jambe abîmée et se plonger dans les littératures de l’imaginaire. Le tout, avec une touche fantastique : Morwenna est persuadée, à tort ou à raison, d’être dotée de pouvoirs et d’être capable de communiquer avec les fées.

J’aime ce livre pour son ambiance teintée de nostalgie, pour son héroïne incroyable et pour sa manière d’intégrer la magie à notre monde. Et puis, jamais je n’ai lu une histoire dans laquelle je m’identifiais autant. Morwenna est tout simplement le double littéraire de celle que j’étais lors de mes années lycée. Les mêmes réflexions, les mêmes sentiments, les mêmes réactions.

Perdido Street Station, China Miéville (2003)

China Miéville est mon auteur vivant préféré. Toutes ses œuvres ne sont pas des coups de cœur, mais j’en ressors toujours avec plein de nouvelles images et de nouvelles idées. J’adore sa créative et son originalité, sa capacité à renouveler les genres sur lesquels il se penche. Un auteur atypique.

Et mon premier China Miéville fut Perdido Street Station. Un roman de fantasy urbaine que j’ai dû lire avec un dictionnaire à mes côtés et qui m’a réconcilié avec la fantasy, genre que j’avais abandonné car j’avais l’impression de toujours lire la même chose.

La force de ce roman, c’est son univers. Nouvelle Crobuzon se déploie dans chaque mot pour créer un monde cohérent, foisonnant et dépaysant !

L’Homme qui mit fin à l’Histoire, Ken Liu (2011)

Encore une première rencontre marquante, celle avec Ken Liu. L’Homme qui mit fin à l’Histoire est un court récit traitant d’un thème classique de la SF, le voyage dans le temps, dans un format très particulier, la novélisation d’un documentaire audiovisuel (imaginaire).

Outre sa forme, la novella use son de thème pour aborder des questions légales et géopolitiques. Si une zone aujourd’hui chinoise était sous domination japonaise lors de la période passée étudiée, quel État est compétent pour y effectuer des recherches scientifiques ? Un questionnement apte à faire frétille mon petit cœur de juriste.

C’est aussi l’occasion pour Ken Liu d’évoquer les atrocités commises de l’unité 731. De questionner le rôle de l’historien. Et d’effectuer un devoir de mémoire.

Le Bureau des Atrocités, Charles Stross (2004)

Un recueil de nouvelles mettant en scène Bob Howard, informaticien travaillant pour la Laverie, un service secret du Royaume-Uni spécialisé dans les sciences (ce mot à son importance) occultes (et celui-là aussi).

Humour british assez noir et ton décalé qualifient l’écriture de ces nouvelles mêlant théorèmes mathématiques et théories du complot, horreurs lovecraftiennes et connaissances informatiques.

Si tu rêves de lire les aventures d’un fonctionnaire désabusé luttant contre la bureaucratie britannique et les nazis, cet ouvrage est pour toi !

Le Déchronologue, Stéphane Beauverger (2011)

Le Déchronologue, un ovni littéraire fabuleux (bien qu’un peu exigeant au premier abord, il est vrai). On y suit des pirates des Caraïbes faisant face au déchirement du temps. Du fait de ces perturbations temporelles, les chapitres, écrits par le capitaine Henri Villon, se retrouvent complètement mélangés.

Un roman historique réaliste dans lequel l’extraordinaire fait violemment irruption. Difficile d’en dire plus sans prendre le risque d’en dire trop…

VieTM, Jean Barret (2019)

La plupart des livres présents dans cette liste sont des lectures « anciennes ». J’ai besoin d’un peu de temps avant de classer un livre comme essentiel et fondamental pour moi. VieTM est l’exception qui confirme la règle. Dès que je l’ai lu, j’ai su qu’il était pour moi un « classique ».

Cette dystopie se déroule dans un futur où les algorithmes dirigent la vie des humains. Temps de travail, de loisirs et de sociabilité sont attentivement décomptés afin que chacun mène une vie saine et agréable. Sauf que cette vie parfaite, mais vide de sens, ne convient pas à Sylvester Stalline. Le nihilisme sera-t-il sa porte de sortie ?

Un roman cynique et percutant.

Janua Vera, Jean Philippe Jaworski (2007)

Janua Vera (ou Récits du Vieux Royaumes) est un recueil de nouvelles de fantasy mettant en scène un seul univers à travers le temps et l’espace. La force de ce recueil est sans conteste la plume de Jaworski, capable de passer de l’onirisme et la poésie à l’humour ou le réalisme le plus crû. On voit défiler le long des pages des personnages hauts en couleur, dont le célèbre Benvenuto, assassin qui a le droit par ailleurs à son propre roman (Gagner la Guerre).

Mémoires de Lady Trent, Marie Brennan (2013)

Un cas un peu particulier. Je veux bien reconnaître de nombreux défauts à cette saga de fantasy. Mais j’ai adoré cette lecture, qui m’a happée autant qu’elle m’a ému, et que j’ai très envie de relire.

Les romans prennent la forme de mémoires d’une noble de l’époque victorienne, naturaliste par vocation et fascinée par les dragons. Il s’agit donc d’un compte-rendu personnel d’expéditions scientifiques. Et je pense que c’est ce parti pris qui propulse cette saga dans cette liste.

Harry Potter, J. K. Rowling

Bon, je ne pense pas avoir besoin de présenter cette saga jeunesse, que j’adore toujours et que je relis régulièrement, ni avoir besoin de développer tout ce qui fait d’elle une œuvre exceptionnelle !

La Passe-Miroir, Christelle Dabos

Si Harry Potter est ma saga jeunesse des années 2000, la Passe-Miroir est celle des années 2010. J’aime l’univers développé par Christelle Dabos, avec cette Terre morcelée en Arches flottant au milieu du vide, ces dieux puissants et amnésiques, cette nouvelle humanité dotés de pouvoirs. Et j’adore les personnages peuplant cet univers, ainsi que la manière dont Christelle Dabos développe leurs relations (bon nombre de dialogues sont mémorables !).

D’ailleurs, mon premier (et peu développé) article sur ce blog concerne cette immense saga.

Les outsiders

J’ai atteint mon quota de 10 titres. Mais je vais continuer encore un peu mon billet. En nommant deux titres qui débutent des sagas ayant de bonnes changes d’être des monuments de mon paysage littéraire : L’Enfant de Poussière, de Patrick K. Dewdney (2018) et Trop semblable à l’Eclair, d’Ada Palmer (2016).

Hors-Sujet : Mes incontournables des années 90

La limite des années 2000 m’a posé quelques soucis. Car il y a des auteurs incontournables à mes yeux qui ont écrit des œuvres au-delà des années 2000, mais dont les textes les plus marquants pour moi sont un peu plus anciens. Alors, j’ai décidé de leur consacrer quelques lignes ici.

D’abord, Anne Rice. Ses chroniques vampiriques à l’écriture baroque, débutées dans les années 70 et toujours en cours, sont à mes yeux des classiques au même titre que le Dracula de Bram Stoker. D’autres créatures fantastiques peuplent également son bestiaire. Dont les fantômes. Et c’est là que je parle du Violon. Paru à la fin des années 90, Le Violon raconte l’histoire d’une femme dont le mari vient de mourir et qui reçoit la visite d’un spectre magnifique et violoniste virtuose. Plus de 15 ans après ma première lecture, ce roman me fascine et m’envoûte toujours (et constitue la source d’un débat intarissable entre cher et tendre et moi : comment interpréter cette fin ? Ça se termine bien ou pas ?).

Ensuite Terry Pratchett, l’auteur des truculentes Annales du Disque-Monde, monument d’humour et parodie génialissime du genre médiéval fantastique. Mais également le co-auteur, avec Neil Gaiman, du fabuleux De Bons Présages, un livre qu’il m’arrive de relire lorsque mon moral traîne au sol comme une serpillière et qui parvient toujours à me faire rire. Un récit humoristique sur les anges, les démons et l’Apocalypse, des thèmes que j’adore (d’ailleurs, à l’époque de ma première lecture de ce roman, je lisais Angel Sanctuary, où on retrouvait ces mêmes thèmes bien que traités très différemment…) qui n’oublie pas d’égratigner certains aspects de notre modernité.

Enfin, Loïs MacMaster Bujold. Elle a écrit une saga de space opera fabuleuse, au souffle épique efficace et aux personnages marquants : la saga Vorkosigan, mais aussi de très bons romans de fantasy, comme Le Fléau de Challion et Le Paladin des Âmes.

***

Ainsi se termine le panorama non exhaustif de certaines de mes œuvres favorites. Pour découvrir les listes d’autres blogueurs, direction la liste dressée par Vert !

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