Mers Mortes, d’Aurélie Wellenstein #PLIB2020

Fiche

Titre : Mers Mortes

Auteur : Aurélie Wellenstein

Genre : Fantastique post-apocalyptique

Public cible principal : (jeune) adulte

Résumé :

Le monde se meurt. Les mers ont disparu, emportant avec elles toute la vie qu’elles abritaient. Les humains, rassemblés en une poignée de communautés autonomes, survivent difficilement au milieu de déserts stériles. Pas seulement à cause d’une pénurie d’eau, de nourriture ou d’oxygène. Mais à cause des marées spectrales et de leur myriade de fantômes avides d’âmes humaines. Oural fait partie des rares élus à même de faire face aux mers mortes.

Il tient avec sérieux son rang d’exorciste au sein du Bastion qu’il protège. Jusqu’à son enlèvement par Bengale, un pirate illuminé encageant les âmes les plus puissantes lui tombant sous la main…

Notes de la bibliothécaire :

Assez rapidement, j’ai ressenti un léger décalage entre moi et ma lecture. J’ai mis un peu de temps avant de mettre le doigt sur ce qui clochait : certains sentiments n’arrivaient pas jusqu’à moi.

Une citation illustre parfaitement cela :

« A cette détresse s’ajoutait curieusement une tristesse plus empathique : celle des animaux massacrés. Pendant toutes ces années, il n’y avait pas vraiment réfléchi et surtout, il n’y avait jamais compati. La haine des fantômes le guidait »

Mers Mortes, Aurélie Wellenstein

La haine des fantômes marins se justifient dans l’histoire. Requins, méduses et autres raies mantas se délectent avec férocité de toutes les âmes passant à leur portée.

En tant qu’exorciste, le rôle d’Oural est de les tuer avant qu’eux-mêmes tuent. Pourtant, à aucun moment, je n’ai eu l’impression qu’Oural haïsse les poissons spectraux contre lesquels il se bat régulièrement dans une lutte à mort.

Les descriptions des fantômes, insistant sur les traces horribles de leur agonie, font naître en moi de la peine, pas de la peur. Ce que ressent certainement l’autrice par rapport aux massacres perpétrés chaque jour contre ces animaux.

Mais ce n’est pas ce qu’est censé ressentir Oural (en tout cas au départ). Au début du récit, son cœur déborde sans doute de dégoût ou de colère. Une envie de détruire teintée de sang, pas de miséricorde. La rage bouillonnante de l’injustice. Pourtant, cette « haine qui le guide », je ne l’ai pas vu, je ne l’ai pas lu, je ne l’ai pas vécu. Effet collatéral, l’évolution d’Oural vers plus d’empathie me laisse complètement de marbre (et les scènes d’action manquent d’urgence et d’enjeux).

Bien que de manière plus mineure que dans l’exemple précédent, ce décalage entre mon ressenti et les sentiments des personnages m’a suivi tout au long de la lecture. La relation entre Sélène et Oural ? Un fait sans chaleur ni chair. L’aura fascinante de Bengale ? De la poudre aux yeux. Sa quête ? Un bon prétexte pour naviguer d’une ville à une autre.

Une partie de cet échec découle sans doute des dialogues, qui sonnait souvent faux, forcés à mes oreilles. Le pire étant sans doute les sessions de tête-à-tête où les histoires personnelles de chacun, déguisées en discussions peu convaincantes, sont racontées avec une régularité de métronome (une scène d’action/un personnage parle de son passé/une scène d’action/bla bla sur le passé/etc.).

Pourtant, je ne peux pas me dire que je me suis forcée à lire ce roman. Les courts chapitres s’enchaînent à la manière d’un feuilleton, offrant à chaque page une nouvelle vision sur ce monde desséché.

Un des points forts de ce roman, c’est cet univers aride et âpre, régulièrement noyé sous une marée fantomatique vengeresse. L’autrice a su développer avec brio son postulat de base pour créer toute une collection de lieux et de monstruosité. Souvent, on les survole, mais ces ébauches sont suffisamment nettes pour offrir à l’imagination un beau terrain de jeux.

D’une manière générale, les descriptions fonctionnent bien. Notamment toutes celles qui concernent les animaux : des marques abominables de leur mort à l’énoncé de leurs derniers instants, tout sonne affreusement juste. Soulignant, souvent efficacement, parfois à la limite de la caricature (c’est vraiment si drôle que ça d’éventrer des poissons ?), l’inconséquence destructrice et la légèreté coupable de l’humain.

Avis :

Je ressors mitigé de ce plongeon en eau fantomatique. Le monde présenté me charme, le propos écologiste me touche, mais les personnages m’indiffèrent.

Un commentaire sur “Mers Mortes, d’Aurélie Wellenstein #PLIB2020

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  1. Je me retrouve aussi beaucoup dans ce que tu évoques, notamment en ce qui concerne ce décalage avec ce que vivent les personnages et leur manque de charisme.
    En revanche, ma lecture a été vraiment pénible – il a vraiment fallu que je me force pour le terminer.

    Aimé par 1 personne

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