La Passe-Miroir, Tome 4 : La Tempête des Échos, de Christelle Dabos

Fiche

Titre : La Tempête des Échos

Auteur : Christelle Dabos

​Genre : fantasy

Public cible principal : jeune adulte

Personnages : Ophélie, toujours maladroite, mais de plus en plus déterminée, prend sa vie en main afin de sauver le monde => ++

Intrigue : les Arches s’effondrent. S’opposer à Dieu permettra peut-être de les sauver =>++

Univers : (toujours) original et foisonnant => ++

Thèmes : la liberté de mener sa vie comme on le souhaite, l’amour et ce qu’on lui sacrifie, la recherche de bouc-émissaire, la domination de l’homme par l’homme => ++

Style : très agréable (je salue le très sympathique retour des expressions animistes !), mais s’empêtrant parfois dans des explications alambiquées => +

Notes de la bibliothécaire

Le livre est refermé depuis quelques jours déjà. Après des années d’attente (et l’écriture ces dernières semaines d’une petite fanfiction), la saga de Christelle Dabos est désormais achevée. Voici la chronique de la fin d’une de mes sagas fétiches (ce n’est pas pour rien que le premier article de ce blog concerne la Passe-Miroir).

Je vais essayer de démêler un peu mon ressenti.

Ophélie, à la recherche de réponses,

se retrouve (encore) dans le pétrin

Si je devais résumer ce livre, je dirais qu’il s’agit du livre des révélations. Chaque chapitre est une étape supplémentaire pour comprendre les origines des Arches et les motivations de ceux qui tirent les ficelles. Ce qui a des bons et des mauvais côtés.

Dans ce tome, Ophélie va se retrouver encore plus vite que d’habitude dans une situation où elle sera malmenée et privée de repère. Cette fois, elle va accepter de devenir un cobaye afin de se rapprocher du savoir qu’elle recherche, celui qui l’amènera jusqu’à Dieu.

Ce début m’a beaucoup rappeler le premier tome d’A la croisée des mondes. Cette même ambiance d’expérimentation sur de l’humain, visant à séparer des gens d’une partie d’eux mêmes pour des raisons obscures. Ça m’a même parfois un poil gêné.

Trop de scénario, pas assez de perso ?

Ophélie va donc réussir, bon gré mal gré, à en apprendre plus sur les échos, les inversés et elle-même. Car on apprends beaucoup de choses dans ce tome. Peut-être même trop. Il y a beaucoup de concepts à assimiler (n’aurait-il pas été possible d’en disséminer un peu plus dans les volets précédents ?). Et cette assimilation est d’autant plus difficile que l’héroïne comme le lecteur reste partiellement dans le flou jusqu’à la fin du roman. Comme si on nous donnait des morceaux de puzzle un par un. (Je vais sais doute relire d’ici peu l’intégralité de la saga, à la lumière de mes connaissances nouvellement acquises. Peut-être qu’ainsi, les choses seront plus claires).

De plus, ces explications étant au premier plan, les personnages passent en arrière fond. Dommage, car les personnages et leurs relations sont un des gros points forts de saga (avec l’originalité de son univers). Les personnages secondaires des tomes précédents se font discrets (Youhou, Berenilde, où es-tu ?) et peu de nouveaux personnages sont introduits ici (car l’endroit où est enfermé Ophélie ne favorise pas réellement les relations sociales).

C’est un peu paradoxal. Dans le troisième tome, je trouve qu’il y a trop de personnages, pour un trop petit nombre de pages. Tout va très vite. J’aurais aimé passer plus de temps avec les habitants de Babel, que l’on y découvre et que j’adore, mais ils sont un peu écrasés par la présence régulière des habitants du Pôle. Et là, je reproche exactement l’inverse à La Tempête des Échos. Je pense qu’on aurait pu trouver plus de place dans ce tome pour les personnages autres qu’Ophélie et Thorn. Ça aurait été l’occasion de creuser un peu ces fameux habitants du Pôle.

Et de nous faire découvrir une nouvelle Arche, à travers les pérégrinations d’Archibald et sa clique. J’aime l’univers créé par Christelle Dabos, chaque Arche fonctionnant selon un système qui lui est propre. Et j’aurais aimé découvrir toutes les Arches, voire comment on y vit, comment se comporte l’Esprit de Famille du coin, quels pouvoirs existent ou encore comment Dieu y étend son emprise. Malheureusement, ce tome étant le dernier, ces souhaits ne seront pas accomplis (va falloir que je cherche ou que j’écrive des fanfics pour combler ces trous). A moins que Christelle Dabos ne retourne visiter les Arches un de ces jours ?

Les personnages présents dans ce tome sont surtout des « méchants » (avec énormément de guillemets). Certains voient leurs motivations détaillées, d’autres beaucoup moins. (Spoil concernant les antagonistes) J‘aurais aimé en apprendre plus sur les expériences de Lazarus, son rapport avec Dieu et avec Ambroise, ou encore son impact sur l’ensemble de Arches. J’aurais également aimé en savoir plus sur les Généalogistes, dont on ne sait pas grand chose de plus par rapport aux tomes précédents. Même l’Autre, finalement, reste assez mystérieux.

Malgré cette longue liste de récriminations (que je vais encore un peu développé ensuite), ce tome est bon, notamment par la manière qu’il a de clore la saga. Le dénouement, même s’il n’est pas tout rose (Spoil : Ambroise ! Je suis trop triste pour lui…), constitue une fin logique pour la quête de Thorn et Ophélie et offre une explication assez cohérente de l’origine du monde des Arches.

Pinaillage sur des détails

J’aime beaucoup Thorn. Mais dans ce tome, il a fini par m’énerver à chaque fois qu’il parlait. Ou plutôt, sa manière de s’exprimer m’a énervé. Est-il capable de formuler une phrase sans y adjoindre son fameux « un peu plus que cela, même » ? Certes, cette affirmation est attachée à ce personnage. Mais je n’ai pas eu l’impression qu’il le disait aussi systématiquement dans les tomes précédents. Là, ça m’a vraiment agacé. J’ai ressenti ça comme du fan service facile et forcé.

Par contre, j’ai apprécié l’évolution de Thorn. (Spoil léger) Je comprends que certains soient frustrés par la fin. (Spoil plus conséquent) Mais je trouve vraiment ça bien que sa relation avec Ophélie se termine ainsi. Thorn se « sacrifie » pour la liberté du monde et celle d’Ophélie, en refusant de s’approprier celle qu’il aime. Il permet ainsi à Ophélie de mener sa propre existence (qui va certainement consister à partir à sa recherche, mais là n’est pas la question !).

Comme je l’ai dit plus haut, il y a beaucoup d’explications dans ce tome. Pourtant pas mal de choses me restent encore énigmatique. (Spoil) Notamment, j’aurais aimé en savoir plus sur la création des Esprits de Famille. Ils ont été livrés avec leur livre ou Dilleux a-t-elle façonné les livres au moment où les échos prenaient forme ? Puisqu’il est possible de modifier les Esprits quand ils sont déjà incarnés depuis des années, aurait-il été possible de modifier Ambroise en changeant son code ? Et qu’est-ce que le langage de Dilleux a de si particulier ? Pourquoi Odin considère que Dieu a été puni ? Comment fonctionne exactement l’échange entre les deux mondes ?

Pour finir, mes dernières mots seront pour Seconde. A la fois centrale et absente. Pourquoi si peu mise en avant ?

Avis :

Même si j’ai plein de questions et de critiques sur ce dernier tome, je trouve que la conclusion qui est amenée à la saga est intéressante et logique. C’est juste le chemin que prends le roman pour nous amener jusqu’à ce final que j’aurais préféré un peu différent.

Et il y a une chose qui n’est pas remise en cause : La Passe-Miroir est définitivement une de mes sagas préférées, une de celles que je prends plaisir à relire régulièrement.

Ce dernier tome y compris.

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