Déracinée, de Naomi Novik

Fiche

Titre : Déracinée

Autrice : Naomi Novik

Traducteur : Benjamin Kuntzer

Genre : Fantasy d’inspiration polonaise

Public cible principal : adulte

Niveau : bon pavé à l’écriture fluide

Personnages : une jeune femme maladroite, une autre parfaite et un sorcier trop dark. Stéréotypés mais assez bien construits => +

Intrigue : Dans une campagne profonde, Agnieszka, négligée et maladroite, et Kasia, belle et parfaite jeune fille, sont best friends forever. L’une d’elle va être choisie pour tenir compagnie au Dragon, le sorcier du coin, pour les dix prochaines années => +

Construction du récit : récit linéaire à la première personne => ~

Univers : un monde médiéval fantastique d’inspiration polonaise, avec magie, pays en guerre et le Bois, incarnation forestière du Mal => ++

Thèmes : amitié, passage à l’âge adulte => +

Style : offrant une place de choix à la description des sensations => +

Notes de la bibliothécaire :

Débutons par quelques comparaisons hasardeuses

Si je devais décrire en quelques mots, je parlerais peut-être d’une version adulte des Fiancés de l’Hiver avec une pincée d’Apostasie.

J’ai envie de comparer Déracinée aux Fiancés de l’Hiver pour plusieurs raisons. Les personnages tout d’abord. Agnieszka est une jeune femme maladroite, qui ne se comporte pas vraiment d’une manière convenable, essayant de bien se faire voir sans jamais y arriver, et qui tient tête régulièrement au Dragon, notamment quand elle se rend compte qu’il lui a caché des choses. Autant de point commun avec Ophélie. Le Dragon est asocial, indépendant et rigoureux (voire maniaque). Il ne s’embarrasse d’Agnieszka que pour des raisons utilitaires. Encore une fois, un parallèle avec Thorn me semble pertinent. Outre des personnages aux caractères proches, les deux œuvre comptent un certain nombre de scènes comparables. Notamment le passage d’Agnieszka à la cour, marqué d’incompréhension et de trahison…

Quant à la pincée d’Apostasie, elle est liée au Bois, personnage à part entière du roman. Une forêt anormale et corruptrice. Un peu comme la Sylve Rouge…

Un ennemi de sève qui a les racines longues

Le Bois. Présence diffuse et malaisante planant sur l’ensemble du récit et déployant son mal insidieux dans chaque recoin. Sa capacité à manipuler les humains à son propre profit, les poussant à s’entretuer sans que jamais ceux-ci ne se rendent compte qu’ils ne sont que des pantins, le rend particulièrement intéressant. Il incarne dans la fiction tous les biais qui nous façonnent dans la réalité. Il n’y a pire aveugle que celui qui ne veut pas voir.

Une bonne intrigue, manquant de peu l’originalité

La première partie du roman est un huis-clos assez angoissant mettant en scène l’enfermement d’Agnieszka avec le Dragon ; peurs, tristesse et incertitudes se nourrissant les uns des autres. Je crois que j’aurais pu lire une histoire racontant ce que vivent les filles enfermées pendant dix ans avec le Dragon, comprendre pourquoi elles ressortent de cette tour si différente du moment où elles y sont entrées, un récit de fantasy psychologique sur l’émancipation et la dépendance. Ça aurait été original, mais ce n’est finalement pas la voie que suit le texte, celui-ci décidant plutôt de s’enfoncer dans la direction classique du sauvetage du monde. Ce n’est pas réellement une déception, car j’aime que les mondes soient sauvés, mais c’est nettement plus attendu.

Les personnages, bilan en demi-teinte

Les personnages ont tous un passé, plus ou moins lourd selon l’âge des protagonistes, et au moins une motivation propre ce qui donnent du sens à l’histoire et livrent quelques passages très touchant. Par exemple le moment où Agnieszka découvre toutes les douleurs et les frustrations qu’à endurer silencieusement sa meilleure amie.

Un petit bémol, toutefois. Ces moments touchants sont souvent des états des lieux du vécu des protagonistes. Les relations entre les personnages sont bien plus données que montrées. Et ça, c’est vraiment dommage. Cela nuit à l’attachement aux personnages et rend certaines scènes un peu froides. Les développements des personnages et de leurs liens est logique plus que sensible.

En conclusion :

Déracinée est une bonne lecture, même si elle n’est pas exempte de quelques défauts, notamment en ce qui concerne les relations entre les personnages.

Personnellement, j’ai passé un très bon moment dans cet univers de fantasy assez atypique !

6 commentaires sur “Déracinée, de Naomi Novik

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