Le regard, Ken Liu

Fiche

Titre : Le regard

Auteur : Ken Liu

Traducteur : Pierre-Paul Durastanti

​Genre : Science-fiction, polar

Niveau : facile

Personnages :  d’un côté, Ruth, détective privée à la vie brisée ; de l’autre, le Surveillant, tueur en série dénoué d’empathie => +

Intrigue : enquête et rédemption => +

Construction du récit : alternance de point de vue entre les deux personnages principaux => ~

Univers : dans un futur proche, la technologie s’incorpore à l’humain. L’humain a ainsi l’impression de mieux contrôler sa vie et de maîtriser son environnement => ++

Thèmes : l’acceptation des émotions, le pardon, la notion d’humanité => +

Style : succession bien rythmée d’évènements liés à l’enquête jusqu’au climax final => ~

Notes de la bibliothécaire

Ken Liu est une des grandes plumes de la SF américaine contemporaine. L’Homme qui mit fin à l’Histoire mérite chaque minute de lecture qu’on lui accorde et le recueil de nouvelles La Ménagerie de Papier contient de nombreuses pépites, des textes ouvrant de nouvelles perspectives de réflexion ou laissant une place intense et juste aux émotions.

Alors, j’ai commencé cette lecture avec de fortes attentes. Quand un auteur nous habitue à l’exceptionnel, on s’attend à ce qu’il soit toujours à ce niveau. Malheureusement, je trouve que ce n’est pas le cas ici.

Pas que cette histoire d’enquête sur le meurtre d’une prostituée soit mauvaise. Juste quelconque.

L’héroïne est une cinquantenaire traumatisée par un drame qui s’est produit lorsqu’elle travaillait encore dans la police, un évènement qui a détruit sa famille et sa vie. Pour tenir le coup, son Régulateur fonctionne quasiment en permanence, lui permettant de contrôler ses émotions, donc d’éteindre artificiellement son infinie tristesse. Une version futuriste de l’archétype du détective désabusé, l’addiction à la technologie ayant remplacé l’alcoolisme.

Classique mais efficace. Le roman raconte sa rédemption, la manière dont elle va essayer de se racheter à ses propres yeux.

Le tueur est un être froid et hédoniste, persuadé de sa supériorité intellectuelle et avide d’argent. Il ne tue pas par plaisir, mais avec indifférence. L’assassinat est le moyen le plus efficace qu’il ait trouvé pour remplir ses comptes. La morale n’est pour lui qu’une limitation de la liberté, qui ne contraint que les êtres trop faibles pour s’en détacher et dont lui n’a que faire.

Encore une fois, classique mais efficace.

Là où l’histoire aurait pu et aurait dû se démarquer, c’est sur le traitement de l’humain augmenté. Malheureusement, le sujet est avant tout un élément scénaristique et le roman ne fait qu’effleurer les questionnements qui auraient pu en découler. On sait que l’univers du livre a été bouleversé par ces modifications du corps, qu’un certain nombre de règles légales et implicites les encadrent, mais les interrogations qui traversent cette société ne deviennent pas les nôtres au cours de la lecture. Dommage.

Ma déception se trouve là, dans ces augmentations technologiques sous exploitées…

Avis : Sympathique. Mais Ken Liu est capable de beaucoup mieux !

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