[Focus] Le journalisme dans Harry Potter et l’Ordre du Phénix (partie 1/2)

La presse est présente dans Harry Potter dès le début de la saga. Son rôle s’intensifie à partir du tome 4 et il est un des thèmes récurrents du tome 5. Que je viens de relire. Voilà donc l’occasion de creuser un peu le sujet !

La Gazette du Sorcier, les raisons du silence

Dans Harry Potter et l’Ordre du Phénix, la Gazette du Sorcier refuse de parler du retour de Voldemort et fait passer Harry pour un dingue. Plusieurs éléments peuvent expliquer cette situation :

  • La pression du Ministère de la magie

Il s’agit de l’explication la plus évidente, car c’est celle qui est la plus mise en avant dans le roman. Cornelius Fudge, premier ministre, fait en sorte d’orienter l’information diffusée par la Gazette. Les moyens utilisés ne sont malheureusement pas détaillés. A priori, le ministère semble communiquer régulièrement et directement des informations à la Gazette, afin qu’elle en fasse la promotion.

La Gazette ne s’abreuve qu’aux sources ministériels, sans chercher d’informations opposées (ou en les ridiculisant). Ainsi, dans ce tome, à aucun moment Harry n’est contacté par la presse pour expliquer ce qui lui est arrivé. De même, les propos de Dumbledore semblent censurés. Par exemple, la Gazette n’explique pas que le directeur de Poudlard a été démis de ses fonctions au Magenmagot en raison de son discours à propos du retour de Voldemort. La Gazette ne diffuse pas cette version des faits car elle n’en a pas connaissance, Fudge ayant fait en sorte que l’information ne circule pas, ou parce qu’elle obéit à un ordre du Ministère lui intimant le silence ? Les deux explications sont à mes yeux envisageables.

On ne sait pas exactement quels sont les liens entre la Gazette et le Ministère. Qui détient les capitaux de la Gazette ? Le Ministère subventionne-t-il le journal ? Autant de questions sans réponse qui nous auraient pourtant éclairer sur la situation. On assiste en tout cas à une relation de connivence entre détenteurs d’une certaines puissance (médiatique ou politique) qui débouche sur un conflit d’intérêt, la Gazette semblant incapable de critiquer les actions des institutions politiques magiques.

  • La prise en compte du lectorat (et de ses attentes supposées)

Pour qu’un journal perdure, il doit se vendre. Pour se vendre, il doit attirer et fidéliser un lectorat. Provoquer l’ire de son public peut signer l’arrêt de mort d’un journal, faute de rentrées d’argent suffisantes pour le faire vivre.

Il est possible que les journalistes de la Gazette, estimant que leur lectorat refuserait la réalité du retour de Voldemort, écrivent des articles présentant ce retour comme l’élucubration d’un garçon instable, histoire de répondre aux attentes supposées des lecteurs. Les journalistes donnent aux gens ce qu’ils veulent entendre (ou en tout cas, ce qu’ils pensent que les gens veulent entendre). Et dans ce cas là, la Gazette estime peut être qu’il vaut mieux privilégier la version du Ministère tout en discréditant celle de Poudlard, pour préserver les ventes du journal et ne pas bouleverser son audience.

  • Le fonctionnement psychologique des journalistes (et des humains et général)

Les liens entre le journal et le Ministère et le fait de privilégier ce qui est vendable à ce qui est vrai constituent des faits hautement critiquables du point de vue de l’éthique professionnelle journalistique. Pourtant, il est aussi possible de comprendre le comportement des journalistes (et du public de la Gazette) via un prisme psychologique.

Le roman le dit a plusieurs reprises, personne n’a envie que la paix prenne fin en raison du retour de Voldemort. Les sorcières et les sorciers se retrouvant face à deux discours opposés provenant de sources éminentes, d’un côté Fudge et de l’autre Dumbledore, qui les plongent certainement dans une situation psychologique désagréable.

Il est certainement plus confortable mentalement de suivre la voie tracée par Fudge, celle qui assure que le monde des sorciers n’est pas en danger. Beaucoup de sorciers et de sorcières ont certainement plus envie d’adhérer à cette version qu’à celle d’Harry. Ils accorderont alors probablement plus d’attention aux propos favorisant cette hypothèse, obéissant ainsi à un fonctionnement naturel de l’humain, le biais de confirmation, qui nous pousse tous à mieux intégrer les informations qui vont dans le sens de nos croyances et de nos convictions qu’à celles qui s’y opposent.

En s’appuyant sur l’hypothèse du biais de confirmation, on peut donc estimer que les journalistes de la Gazette du Sorcier sont convaincus de défendre et propager la vérité. On comprend également mieux pourquoi il est si difficile pour la communauté magique d’admettre le retour de Voldemort.

*****

Bon, l’article est déjà suffisamment long. Je m’arrête donc là pour le moment. La suite par ici !

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