Mes vrais enfants, Jo Walton

Fiche

Titre : Mes vrais enfants

Autrice : Jo Walton

Traductrice : Florence Dolisi

Genre : Uchronie et récit de vie

Public cible principal : adulte

Niveau : tranquille

Personnages : une héroïne, deux vies, chacune avec ses propres enfants, tous différents et tous incroyables => ++

Intrigue : Patricia, atteinte d’une maladie qui la détruit lentement, se rappelle non pas d’un, mais de deux passés. Une vie scindée à partir d’une décision primordiale => +

Construction du récit : le roman s’ouvre et se clôt avec la vieille Patricia. Entre les deux, on alterne entre les deux versions des souvenirs de Patricia => +

Univers : une décision intime entraîne la création de deux univers, divulgâchage de background : un monde en paix, un autre en guerre => +

Thèmes : l’amour dans toute sa diversité, la famille, la libération des femmes et celles des mœurs, l’engagement politique  => ++

Style : sentimental, dans un sens pas du tout péjoratif => +

Notes de la bibliothécaire :

Jo Walton aborde l’uchronie comme Rui Zink aborde le dystopie, par le biais de l’intime et du quotidien. A contre-courant des conventions du genre. La réalité se scinde en deux non pas en raison de la modification d’un évènement historique majeure, mais suite à un choix privé. Deux mondes distincts, voire opposés, se développent en arrière-plan des deux récits de vie eux aussi fort différents.

J’ai voyagé avec joie au côté de Pat dans une Italie lumineuse. J’ai plaint Tricia, enfermée dans une relation de couple niant complètement son individualité. J’ai suivi avec avidité le déroulement de ces deux destins.

Jo Walton maîtrise bien l’écriture de ses personnages et réussi à maintenir un équilibre délicat : Tricia et Pat sont à la fois une seule et unique personne et deux entités séparées. Leur vision du monde, basée sur leur vécu, se distingue sur de nombreux points. Mais d’un autre côté, ce qui fait avancer Patricia, son moteur interne, est identique dans les deux univers : la curiosité et la soif d’apprendre, la tolérance et l’envie d’agir. Deux branches issus d’un même tronc, abreuvées par la même sève. Deux faces d’une même pièce.

Le roman garde ainsi une unité, certains thèmes traversant l’ensemble de l’œuvre, des fils rouges reliant les multivers : la place de la femme de la société, la sexualité dans sa grande pluralité et la famille.

Ma vraie vie

« Que serais ma vie aujourd’hui, si j’avais choisi ce lycée plutôt que celui-là ? Si j’avais fait d’autres études ? Si j’avais maintenu telle ou telle relation ? »

Ce genre de questions me hantent régulièrement. Très régulièrement. Ce qui explique partiellement l’intérêt que j’ai trouvé à cette lecture. Et ce roman y répond avec élégance, tout en me revoyant à mes interrogations.

Car au final, même en connaissant les deux versions de la vie de Patricia, est-il possible de choisir l’une plus que l’autre ?

En conclusion :

Une lecture touchante, douce et violente à la fois, tissée d’émotions. Un très bon moment.

6 commentaires sur “Mes vrais enfants, Jo Walton

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    1. Souvent, quand j’entends « sentimental », je comprends « mièvre »… Alors là, j’ai tenu à préciser que j’utilisais ce terme dans un sens positif ! Quant à Morwenna… c’est un de mes livres préférés ! (Au moins en partie parce que Morwenna a des pensées, des actes et des goûts très proches de moi lorsque j’étais lycéenne : identification à donf !)

      Aimé par 1 personne

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