Le Syndrome du scaphandrier, Serge Brussolo

Fiche

Titre : Le Syndrome du scaphandrier

Auteur : Serge Brussolo

Genre : Science-fiction onirique. Ou peut-être anticipation fantastique.

Public cible principal : adulte

Personnage : David, un rêveur, mène une double vie. Une morne et angoissante dans la réalité, une palpitante et dangereuse dans ses rêves => +

Intrigue : Les rêves de David ne sont plus rentables. Ses œuvres sont trop petites, trop faibles. Elles meurent trop vite. Des créations invendables. De plus, les plongées de David sont en train de l’affaiblir. Son employeur veut qu’il cesse de rêver, mais David ne s’imagine pas vivre uniquement dans la réalité. => +

Univers : un futur proche où les œuvres d’art sont faites à partir des rêves des plus grands rêveurs. Un monde des rêves dans lequel on plonge comme dans un océan profond => ++

Thèmes : la peur de la vie et de la mort, la fuite et l’affrontement de soi-même comme du monde par le biais du rêve, le décalage entre l’artiste et les autres => ++

Style : un verbe élégant, vif et charnel => ++

Notes de la bibliothécaire :

Brussolo, comme souvent, propose un monde proche du nôtre, juste un peu dévié. Juste un peu déviant.

Dans ce futur proche, plus de peintre, plus de sculpteur. Juste des rêveurs qui se tuent (littéralement : leur cerveau se transforment en porcelaine, dans l’indifférence générale) pour rapporter à la surface (c’est-à-dire dans notre réalité) des créations qu’ils arrachent aux contrées oniriques.

Ces rêves, créations périssables dégageant une aura magiques (santé et bonheur garantis pour ceux qui les approchent), n’ont pas de forme parfaitement définie. Des morceaux de chair parfaite et mouvante. Une peau d’ange luminescente et palpitante, sans organe pour la corrompre.

Et c’est là une des forces de ce roman, un des talents d’écriture de Brussolo. L’impact des mots pour créer des univers, des ambiances, des sensations uniques et dérangeantes.

Brussolo, c’est un peu le Cronenberg de la littérature. Il a ce rapport très particulier au corps et à sa dégénérescence, qui traverse toute son œuvre comme un cordon ombilical sanglant.

C’est particulièrement saillant dans « Le Syndrome du scaphandrier ». Il y a les rêves matérialisés, décrit de manière si charnelle. Il y a le syndrome du scaphandrier, cette maladie dégénérative qui sclérose le cerveau et déforme le crâne. Et il y a le monde du rêve lui-même, où tout peut prendre vie d’une pensée, où une voiture noire peut devenir un dangereux requin par une simple association d’idée du rêveur.

D’ailleurs, les associations d’idée, c’est quelque chose qui caractérise David. Qu’il soit dans le rêve ou dans la réalité, il ne cesse d’émettre des comparaison sur ce qu’il perçoit, avec imagination et fantaisie. L’œil de l’artiste sur le monde. Une sorte de don de double vue, faisant du créateur un voyant au milieu de borgnes, un être capable de voir des facettes de la réalité invisibles aux autres.

Et David a un monde intérieur tellement plein, il occupe tellement de place dans le récit, que les autres personnages, qu’ils vivent dans la réalité ou dans le rêve, ne sont que de simples figures de papier, peu épaisses, peu fouillées. Ceux de la réalité sont peu détaillés car David ne s’intéressent pas à eux. Ceux du rêve ne sont que des créations de David, directement issus des romans noirs qui ont marqué son enfance, taillés pour l’action, pas pour avoir une complexité psychologie. Ils sont pourtant tous indispensables à David (notamment les différentes femmes qui l’entourent), sans qu’il soit toujours capable de s’en rendre compte.

Un roman sur l’imaginaire et les rêveurs, qu’il serait intéressent d’analyser comme une réflexion métaphorique sur la place de l’artiste dans la société.

Avis :

Un classique de la littérature française à l’ambiance onirique et cauchemardesque, qui mérite toujours sa place !

Même s’il ne faut pas s’attendre à un rythme soutenu de thriller contemporain ou à une galerie de personnages complexes…

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