L’installation de la peur, Rui Zink

Fiche

Titre : L’installation de la peur

Auteur : Rui Zink

Traducteur : Maïra Muchnik

​Genre : Science-fiction, dystopie

Niveau : facile

Personnages : trois archétypes, une femme subissant la venue d’un duo qui pourrait être comique, mais qui se révèle terrifiant => +

Intrigue : très simple => ~

Construction du récit : alternance entre différents éléments anxiogène (principalement dialogues et histoires) => ++

Univers : très proche du nôtre. La peur doit être installé chez chaque citoyen, c’est la loi => +

Thème : la peur, ce qui la provoque et comment elle façonne notre société => ++

Style : épuré, avec beaucoup d’effets basés sur la répétition => ++

Notes de la bibliothécaire

Ce court roman portugais a gagné le prix utopiales (édition 2017), et je pense qu’il le mérite.

Une femme à l’identité inconnue accueille chez elle, à contrecoeur, deux agents du gouvernement qui viennent pour installer la peur.

Cette installation comprend une démonstration. C’est cette démonstration qui est la composante essentielle du livre. Sont notamment présentées la peur des contes de notre enfance, la xénophobie, la peur du chômage ou encore la peur du terrorisme.

Cette démonstration est construite en réutilisant des discours et des injonctions du monde réel. Des choses que l’on peut entendre chaque jour.

Il est d’ailleurs intéressant de voir que les discours anxiogènes sous lesquels nous sommes continuellement noyés se retrouvent de manière quasi-identique dans d’autres pays, en l’occurrence le Portugal. Ce que disent les agents de ce livre, nos gouvernements et nos médias nous l’ont déjà dit.
Cette dystopie a quelque chose d’atypique. Pas son thème. La peur, en tant qu’outil de contrôle social, cela a déjà été vu dans d’autres dystopies. Par exemple dans La Zone du Dehors, d’Alain Damasio, qui aborde également ce sujet d’une manière qui me semble proche de la réalité du début du XXIe siècle.

Non, ce qui le rend atypique, c’est sa façon d’aborder ce thème. Ici, pas de grandes luttes, de révoltes, de velléités révolutionnaires. Nous sommes dans un huis clos intimiste, basé sur les discours, où la seule volonté de la femme est que les agents s’en aillent le plus vite possible. Pour cela, elle fait en sorte de ne pas se faire remarquer et laisse les deux hommes dérouler leur rhétorique bien huilée. Et nous, lecteurs, sommes comme cette femme, spectateurs silencieux de l’installation de la peur dans le quotidien des individus.
Quant à la chute du roman, et bien, vous me direz ce que vous en avez pensé…


Avis : une très bonne surprise. Le livre, jouant avec un léger suspense, se lit très bien.

Il aborde d’une manière intelligente la place de la peur dans nos vies. Il en déconstruit les mécanismes, en nous rappelant que la peur qui divise et paralyse ne nous est pas utile mais nous rend utilisable.

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